Témoignage de Benjamin sur son projet du CES en Espagne

Il y a environ un an, je prenais la dĂ©cision de partir vivre un an en Espagne, dans la fondation Escuela de solidaridad. Cette dĂ©cision ne fut pas le fruit d’une longue rĂ©flexion mais celui d’une dĂ©cision vive, un cri de dĂ©tresse que je me lançais Ă  moi-mĂŞme. Ce dernier m’a donc menĂ© Ă  Sierra Elvira, petit village situĂ© Ă  une dizaine de kilomètres de la ville de Grenade. C’est dans ce joli hameau andalou que s’érige depuis plus de 20 ans dĂ©sormais, la FundaciĂłn Escuela de solidaridad (Fondation de l’Ecole de la SolidaritĂ©). Il s’agit d’une communautĂ© d’environ 200 personnes, principalement en attente de papiers de rĂ©sidence, qui vivent, travaillent, mangent et dorment dans ce lieu aux allures presque Ă©deniennes. Si cette fondation existe et perdure, c’est grâce Ă  la volontĂ© et au grand coeur de son fondateur Ignacio Pereda PĂ©rez mais Ă©galement au travail de l’équipe de volontaires dont j’ai fait partie cette annĂ©e durant. Si la majoritĂ© d’entre eux travaillent pour une courte pĂ©riode, restant un Ă  deux mois puis s’en allant vagabonder sur d’autres chemins, j’ai choisi -suivant les conseils avisĂ©s et obligeants de mon contrat de volontariat europĂ©en – d’y rester pour un an et d’assister Ă  toutes ces allĂ©es et venues.

Le travail se répartit en quatre tâches principales : la guarderia (une crèche), l’apoyo escolar (un soutien scolaire après l’école), le trabajo comunitario (tout le travail nécessaire au bon fonctionnement de la fondation, réparation, cuisine, nettoyage, aides dans les différents ateliers) et Casa Kuna (un magasin de vêtements de seconde main se situant dans la ville de Grenade).

Après quelques mois de découverte et de participation à toutes les différentes activités, j’ai voulu m’orienter vers un travail plus récurrent à la boutique Casa Kuna. J’ai déjà connu et apprécié le travail dans une boutique de seconde main grâce à mes années de jobiste passées notamment dans une friperie. J’ai donc demandé la permission, gentiment acceptée par la personne chargée des horaires de travail et ma superviseure, de travailler plus souvent au magasin.

J’aimais l’idĂ©e de travailler dans la ville et d’y trouver un moment de calme, hors de la fondation qui s’est avĂ©rĂ©e un peu pesante et anxiogène par moment. J’ai Ă©galement menĂ© un projet personnel, crĂ©er un compte vinted pour vendre en ligne les vĂŞtements fabriquĂ©s Ă  la fondation. Ce fut un Ă©chec sur lequel je ne reviendrai pas. [longue ellipse remplie de fous rires, d’amitiĂ©s courtes et longues, de dĂ©couvertes en tout genre, une ellipse que je qualifierai de pleine et presque heureuse]

Me voici désormais arrivé à la fin de mon volontariat. Un an s’est écoulé. J’aurai vécu un milliard d’aventures en tout genre, heureuses et tristes que je pourrai décrire des heures durant, écrivant une infinité de documents à leur sujet.
Si je ne devais retenir qu’un mot, un sentiment, une émotion de ce projet de volontariat, je parlerais de croissance, de prise de maturité… en somme, j’ai grandi. Cette aventure m’a permis d’avancer et me laisse face au reste de ma vie, seul mais prêt.

Si ce volontariat semble idyllique, je me dois de nuancer ma conclusion en y apportant une triste mais nécessaire dose d’élément négatif. Dose qui sera minime, car je n’ai qu’un aspect défavorable à traiter. La vie à la fondation est pesante. Je me suis rendu compte que cohabiter avec autant de personnes n’était pas fait pour moi. Bien que la vie à la fondation soit relativement douce, que les rires fusent et les cigarettes se fument à la porte en parlant des dernières actualités de chacun, faire quotidiennement face à autant de misère fut trop dur pour moi. Je me dois cependant de remercier la fondation, qui m’a permis de travailler là où je l’aimais, Casa Kuna, et là où je pouvais respirer et me décharger de ce poids. 

Pour terminer ce document de mémoire en quelques lignes, j’écrirai ces cinq lettres : merci.

Envie d’en savoir plus sur les projets du Corps EuropĂ©en de SolidaritĂ© ? 

Participe Ă  une de nos sĂ©ances d’information ! Inscris-toi ici