Rencontre avec Emilie, volontaire et animatrice
Peux-tu te prĂ©senter en quelques mots : qui es-tu, et qu’est-ce qui t’a menĂ©e vers les Compagnons Bâtisseurs ?
Moi, c’est Emilie et je vais avoir 21 ans cette annĂ©e. J’ai suivi un parcours secondaire très classique et je ne savais pas du tout ce que je voulais faire après. J’ai donc dĂ©cidĂ© de prendre une pause et de faire la chose qui me faisait le plus peur Ă ce moment-lĂ : rencontrer des gens, partir seule, apprendre une autre langue, … C’est comme ça que je me suis mise Ă chercher des projets de volontariat.
J’ai fait mon premier chantier l’Ă©tĂ© 2023. J’ai adorĂ©. Il s’est avĂ©rĂ© que j’avais plein de choses Ă dĂ©couvrir sur moi-mĂŞme et sur les autres. J’ai donc continuĂ© Ă faire des chantiers puis des Ă©changes de jeunes et mĂŞme la formation d’animateur·ices. C’est comme ça que j’ai connu les Compagnons.
Cet été, tu étais animatrice sur un échange de jeunes en Italie.
Pourquoi avoir choisi de donner de ton temps plutĂ´t que de partir en vacances ?
Je me suis rendu compte, au fil des projets, que j’adorais le monde du volontariat. J’avais envie de prendre plus de responsabilitĂ©s pour dĂ©couvrir d’autres façons de vivre un projet. Je me suis donc sentie très chanceuse qu’on me donne cette opportunitĂ© de partir Ă l’Ă©tranger avec un groupe de jeunes, qu’on me les confie, qu’on me fasse confiance et aussi de voir que j’arrivais Ă gĂ©rer ces responsabilitĂ©s.
Aussi, je savais que j’allais rencontrer beaucoup de gens. C’est tellement riche et ça m’aide tellement Ă avancer dans la vie. Ă€ tel point que ça me donne beaucoup plus envie de partir sur un chantier oĂą je sais qu’on va ĂŞtre une vingtaine, que je vais rencontrer des gens et apprendre plein de choses d’eux et de moi-mĂŞme, surtout. PlutĂ´t que de me dire, je vais partir en vacances, en prendre plein les yeux mais ça va ĂŞtre moins enrichissant.
Qu’est-ce que tu retiens comme le moment le plus fort ou le plus gratifiant de tes projets ?
Il y a un moment qui me vient comme ça. Je ne sais pas si c’est le plus gratifiant mais en tout cas il m’a marquĂ©e. J’ai fait un projet dans un petit village en France, avec très peu d’habitants. On Ă©tait un groupe de jeunes très international. Il y avait des gens qui venaient d’Inde, du Pakistan, de Lettonie, d’Italie, … on venait d’un peu partout. Dans ce petit village on attirait vraiment l’attention. Les habitants se demandaient un peu ce qu’on faisait lĂ , on voyait bien que ce n’Ă©tait pas habituel.
Alors, on a organisĂ© une soirĂ©e oĂą on a invitĂ© tout le village. On a fait de belles petites invitations qu’on est allĂ©s distribuer dans les boĂ®tes aux lettres et on a passĂ© toute la journĂ©e Ă cuisiner. Et, au final, on a fait une soirĂ©e de dingue. Les gens Ă©taient tellement heureux, tellement ouverts, tout le monde parlait avec tout le monde, on s’amusait. On a passĂ© un moment magnifique, un moment d’Ă©change, de partage je me suis dit « wahou, on a de la chance et ça a de l’impact les projets de volontariat », Ă notre Ă©chelle ça a eu un impact en tout cas. On Ă©tait très contents et je me sens reconnaissante d’avoir pu participer à ça.
Un mot pour donner envie Ă d’autres jeunes de se lancer ?
Si je rĂ©flĂ©chis Ă la moi d’il y a 3 ans, jamais je n’aurais pu imaginer ĂŞtre qui je suis aujourd’hui. J’avais une personnalitĂ© très diffĂ©rente et c’est vraiment le volontariat qui m’a « sauvĂ©e ». J’ai commencĂ© en me disant « Il faut que je fasse un truc qui me terrorise », en espĂ©rant changer, et j’ai dĂ©couvert un monde dont je suis vraiment admirative et je me suis dĂ©couvert une personnalitĂ© que je ne pensais pas avoir.
Ça m’a changĂ© la vie. Maintenant, je suis Ă©panouie dans mes Ă©tudes et dans ma vie et je continue Ă faire plein de rencontres. Parce que, le volontariat, quand tu es dedans et que tu accroches, tu continues Ă rencontrer plein de gens, Ă faire des projets, Ă t’ouvrir des portes, Ă crĂ©er des opportunitĂ©s, Ă apprendre sur toi, sur le monde, Ă t’Ă©panouir. Donc, j’ai vraiment envie de sortir la phrase « Si ça te fait peur, fais-le ». J’ai du mal Ă croire que ça puisse avoir un impact nĂ©gatif, c’est tellement un univers bienveillant, y en a pour tout le monde ! Le volontariat c’est super large, les CB proposent tellement de choses diffĂ©rentes. Ça a un peu façonnĂ© toute ma vie. Je dirais que c’est le plus beau cadeau que je me suis fait Ă moi-mĂŞme.




