Témoignages de volontaires internationaux
Du 13 au 27 juillet 2024, des jeunes de tous horizons, origines et nationalités ont effectué ensemble un chantier de volontariat international au centre Fedasil de Sugny. Ce chantier correspondait à une équipe de volontaires du Corps Européen de Solidarité (CES).
TĂ©moignage de Diego 27 ans venu d’Espagne
« C’Ă©tait un rĂŞve. Nous avons eu des conversations profondes, des moments drĂ´les (et aussi des moments tristes), nous avons eu le temps de dĂ©couvrir que le changement est possible et que le changement commence par des opportunitĂ©s comme celle-ci. J’ai apprĂ©ciĂ© cette expĂ©rience comme un enfant et, plus important encore, je me suis connectĂ© Ă d’autres rĂ©alitĂ©s et histoires, certaines très difficiles, en essayant d’apprendre des rĂ©sidents et en essayant d’ĂŞtre un soutien pendant le chantier. Je crois fermement que l’humanitĂ© commence dans un endroit comme Sugny, oĂą les gens sont simplement des humains Ă la rechercher un avenir meilleur et confortable, loin de la guerre. Enfin, je dois dire que je bois beaucoup de thĂ©, donc maintenant, mon corps et mon esprit sont plus raffinĂ©s. »
Témoignage de Simone 24 ans venue du Danemark
« Fedasil Sugny est le lieu où…
… L’isolement est un thème rĂ©current. Tant physiquement que mentalement. Avec rien d’autre que des forĂŞts sereines et des villages somnolents autour, l’emplacement central offre Ă la fois tranquillitĂ© et dĂ©pendance Ă la nicotine du au manque de contact avec le monde extĂ©rieur et toutes ses opportunitĂ©s. Reflet de ce lieu isolĂ©, la vie au centre se dĂ©roule Ă un rythme paresseux, mĂŞme si le chaos quotidien règne Ă©galement. Un lent chaos.
… Ta dose quotidienne de sourires est comblée avec un simple « bonjour », une main placée respectueusement sur le cœur ou un salut dansé improvisé. C’est une sensation d’immobilité, mais aussi de rires et de jeux idiots.
… Les amitiĂ©s fleurissent. Il n’y a rien de plus rĂ©confortant que de voir les enfants jouer Ă travers les âges, les langues, les familles et les continents. Marcher avec cinq enfants main dans la main en ligne autour du centre ou s’asseoir avec trois sur tes genoux redonne confiance en l’avenir. Avec en toile de fond une forĂŞt montagneuse, les promenades nocturnes ont initiĂ© le partage de tout, des souvenirs d’enfance Ă la traversĂ©e de la MĂ©diterranĂ©e, non seulement entre moi en tant que volontaire et les rĂ©sidents, mais aussi entre les rĂ©sidents. Travailler Ă Sugny, c’est essuyer doucement les larmes des joues des enfants lorsqu’ils s’Ă©corchent les genoux et avoir ses propres larmes essuyĂ©es avec autant de douceur par les rĂ©sidents lorsque les au revoir vous Ă©corchent le cĹ“ur. C’est se sentir Ă l’aise et respectĂ© en leur compagnie « malgrĂ© » des diffĂ©rences Ă la fois subtiles et majeures, qu’il s’agisse de jouer au baby-foot ou de boire du thĂ© au petit matin.
…L’enfance prend un caractère atypique. Mais un caractère plein d’amour et une communautĂ© de personnes aspirant Ă la rendre aussi ordinaire que possible. Jouer avec ou ĂŞtre rĂ©confortĂ© par tous les rĂ©sidents, parents ou non. Il faut un village, non ?
…. Vos sens sont submergĂ©s de bonheur. C’est le bruit de Fairouz le matin. L’odeur du milliard de cigarettes en compagnie des rĂ©sidents le soir. Le contact d’un enfant qui met confortablement sa main dans la vĂ´tre. La vue du coucher de soleil illuminant la cime des arbres dans des tons d’une beautĂ© brute, assis sur un banc avec les rĂ©sidents. Le goĂ»t des quantitĂ©s incroyables de chocolat, de thĂ© et de collations qu’on me propose constamment.
…L’anticipation rĂ©git l’ordre du jour. Cela signifie des rĂŞves brisĂ©s après un refus d’asile, mais toujours l’espoir d’une issue positive au deuxième essai, tout en essayant de crĂ©er un sentiment de vie quotidienne. CĂ©lĂ©brations d’une rĂ©ponse positive, point culminant de la recherche de dignitĂ©, qui rĂ©veille les espoirs et les rĂŞves de refaire une vie, de devenir prĂ©sident du pays que l’on a fui et de revoir un jour ses proches.
…vous quittez les montagnes de Sugny le cĹ“ur plein d’habib(t)is. »







